PERSPECTIVES PLASTIQUES ET THÉORIQUES
Aux confluences des images, des mots, des espaces et des matérialités, je déploie un travail polymorphe cherchant à donner corps au caractère profondément polyphonique du réel.
L’image photographique, désacralisée et elle-même protéïforme (j’aime réactiver une même prise de vue dans des formats, des matérialités et des assemblages différents) est récoltée comme la matière première d’une pratique artistique ancrée dans les gestes d’assemblage et d’hybridation, où l’image est toujours à la fois du visible et de l’imaginaire incarné.
Des motifs y reviennent de façon récurrente comme les notions de cycle et de métamorphose du vivant, de transmission, d’interdépendance des règnes naturels, de perception et de mémoire. Le désir de donner corps aux strates imperceptibles du réel, d’incarner l’imaginaire ou l’invisible, traverse également mon travail.
Certains projets en cours m’ont amenée à interroger les notions de polyphonie et de perception au-delà des plans théorique et plastique, en déployant des protocoles de création et des dispositifs de monstration qui interrogent le rapport aux spectateur.ice.s/public et prennent en charge mon désir de porosité. La récente co-création de Forêt paisible avec la pianiste Marie Havaux en est un exemple, où l’espace scénographique a été pensé comme une image vivante, en quatre dimensions, autant que comme un espace de psychomotricité et d’exploration sensorielle pour le jeune public invité à partager le plateau avec les artistes.

vue de Forêt paisible lors d’une représentation (photo par Olivier Calicis)
Le projet collectif « Dorica Castra », première concrétisation d’un duo formé avec l’artiste Morgane Denzler, vise à montrer et valoriser le processus lui-même, à explorer les enjeux de la co-création avec les publics et à redéfinir les rapports artiste-public-œuvre. Curaté par Caroline Lossent du Musée Nicéphore Niépce (Chalon-sur-Saône) le projet est également porté par les photographes Marielsa Niels et Valérie Frossard ainsi que par les chercheuses théoriciennes Anna Bationo-Tillon, Raphaëlle Bertho et Muriel Prévot-Carpentier. Le projet se déroulera sur 2026 et 2027 sous une forme que l’on pourrait nommer « résidence-expo-action ».

extrait du matériau de travail issu des collections d’archives du Musée Nicéphore Niépce (encyclopédie illustrées des années 50-60)

